Comme avant chaque convent...
La campagne anti-GODF
reprend "force et vigueur".
La GLDF engage sa énième tentative pour réécrire l'histoire maçonnique. Comme par hasard (celui qui fait si bien les choses), en ce moment...
Révisionnisme maçonnique
Sur son site, à la manière d'un leitmotiv, la GLDF publie ceci :
Réécriture historique devenue habituelle chez cette obédience, qui joue, plus ou moins habilement, avec les intitulés.
La "Première" Grande Loge de Paris, dite de France apparaît entre les années 1725-1728 avec le regroupement des premières loges créées sur le territoire du Royaume de France dès 1721. Notamment à Dunkerque avec la loge "Amitié et Fraternité" créée par le Duc John Montagu, alors Grand Maître de la Grande Loge de Londres et de Westminster (fondée en 1717).
Cette première obédience anglaise sera contestée en 1761 par le franc-maçon irlandais Laurence Dermott. Il dénonçait ce qu'il appelait la "trahison" par la Grande Lode de 1717 des Old Charges (les Anciens Devoirs).
Deux ans plus tard, il crée la Grande Loge des Anciens, rejetant par dérision le qualificatif de "Moderne" sur l'obédience de 1717. De sorte que les "Anciens" étaient plus jeunes que les "Modernes"...
En 1813, s'opère la fusion des deux obédiences sur la base d'un rituel commun, le Rite anglais style Emulation, du nom de la loge chargée de le mettre en place. C'est la naissance de la Grande Loge Unie d'Angleterre (GLUA ou UGLE).
Le rite des Modernes disparait alors d'Angleterre. Néanmoins, les exilés anglais accueillis à Saint-Germain-en-Laye, principalement stuartistes, l'importent en France. Les loges se multiplieront entre 1723 et 1728 avec leurs concours. Ils travaillent selon ce rite qu’ils pratiquaient à la Grande Loge de Londres et de Westminster. Ce sera le rite pratiqué par les loges en France au XVIII° siècle. Jérôme LALANDE donne un récit de cette séquence historique.
"Vers l'année 1725, mylord Derwent-Waters, le chevalier Maskelyne, M. d'Heguerty et quelques autres anglais, établirent une loge à Paris, rue des Boucheries, chez Huré, traiteur anglais ... La réputation de cette loge attira cinq ou six cents frères dans la maçonnerie et fit établir d'autres loges ; d'abord celle de Goustaud, lapidaire anglais ; ensuite celle de Le Breton, connue sous le nom de loge du Louis d'Argent, parce qu'elle se tenoit dans une auberge de ce nom ; enfin la loge dite de Bussy, parce qu'elle se tenoit chez Landelle, traiteur rue de Bussy ; elle s'appela ensuite loge d'Aumont, lorsque M. le Duc d'Aumont, y ayant été reçu, y fut choisi pour maître..."
Les 132 ans de la GLDF
Il ne faut pas cesser de rappeler que l'actuelle Grande Loge de France (GLDF) fut fondée en 1894, comme le rappelle d'ailleurs ce timbre poste anniversaire, à l'occasion de son CENTENAIRE, imprimé pour la circonstance :
On peut aussi rappeler qu'elle fut créée par le départ d'un certain nombre de frères de la Grande Loge Symbolique Ecossaise (GLSE), obédience qui administrait des loges bleues et des Hauts-Grades. Le Rite pratiqué était, et est aujourd'hui, le Rite Ecossais Ancien et Accepté (REAA), apparu en France en 1804, importé de Caroline du Sud par De Grasse-Tilly.
Alors, si l'actuelle GLDF avait existé depuis trois siècles comme persiste à le prétendre les actuels dirigeants de la rue Puteaux, elle aurait commencé son existence en pratiquant le Rite des Modernes, c'est-à-dire le Rite Français... Je devine les mouvements divers sur les colonnes...
Mouvement oscillatoire périodique
L'obédience de la rue Puteaux nous a habitué, depuis 1946, à osciller entre deux pôles : la GLUA pour tenter de se faire reconnaître, en espérant passer outre les critères très rigides de cette obédience relatives à la "Régularité" (ne pas descendre d'une structure administrant à la fois des grades bleus et des Hauts-Grades), ou opérer un rapprochement avec le GODF et la Maçonnerie libérale a-dogmatique. Ce mouvement oscillatoire s'opère selon une période de quinze à vingt ans. La dernière remonte à 2012, lorsque la GLNF s'était vue suspendre sa reconnaissance de Régularité par Londres, suite à sa grave crise interne.
J'avais largement ouvert ces colonnes à cette "aventure", connue sous les termes "d'Appel de Bâle" et de RPMF (recomposition du Paysage Maçonnique Français). Je disposais alors d'informations très précises émanant de l'intérieur même de la GLDF, de sources en forte opposition avec le diktat de "rupture sans ambiguïté avec les Obédiences non régulières" c'est-à-dire, notamment, le GODF.
Rester sereins pour faire face
Ce sursaut révisionniste ne doit pas distraire nos efforts et nos esprits des biens réels défis que les frères et les soeurs du GODF vont devoir affronter dans les prochains mois. Les élections présidentielle et législatives, si elles en constituent des points culminants, ne remplacent pas les réflexions que nous devons entreprendre pour ne pas laisser submerger notre obédience, et notre héritage initiatique et historique, par des tentatives extrémistes.
Gérard Contremoulin
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